Prise en charge médicale des victimes de violence et lutte contre la stigmatisation et la discrimination à l’égard des femmes séropositives et professionnelles de sexe dans les services de santé

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14 sessions de sensibilisation sont organisées à l’endroit des agents de santé des districts sanitaires de Brazzaville et Pointe-Noire durant la période Décembre 2018-Janvier 2019. L’objectif de ces sessions est d’échanger sur les mécanismes de prise en charge médicale et psychologique des victimes de violence et de dénoncer certains comportements observés dans les services de santé afin de lutter contre la discrimination et stigmatisation des femmes séropositives et professionnelles de sexe.

Ces activités sont réalisées par AZUR Développement et ASI (Actions de solidarité Internationale) à travers le projet de « Renforcement de la société civile et des acteurs Etatiques pour améliorer le respect des droits des femmes et filles vulnérables », qui comprend l’existence d’un guichet unique d’assistance aux femmes et enfants victimes de violence, auquel les services d’accompagnement sont gratuits.

Prise en charge médicale et psychologique des victimes de violence

Les agents paramédicaux sont nécessaires pour l’orientation des victimes de violence. Le volet médical sur la prise en charge des victimes de violence prend en compte 10 étapes dont il est nécessaire de respecter.

– Accueil et Information de la victime : cette étape est utile pour présenter aux victimes les différents services du Centre de santé, l’ensemble des examens à réaliser, afin d’éviter aux victimes la multitude des examens.

– Examiner avec soin la victime après obtention de son consentement éclairé. Si la victime n’est pas prête, les agents de santé ne doivent l’obliger à passer certains examens ou tests.

– Recueillir les éléments médicaux pouvant contribuer à établir la preuve de l’agression comme le prélèvement vaginal à la recherche du spermatozoïde. Cette étape est beaucoup conseiller dans les cas de violence sexuelle.

– Prévenir les complications, les risques infectieux (administration des ARV pour prévenir le VIH/SIDA) et les grossesses non désirées, par l’administration des contraceptifs, proposition de la thérapie rétrovirale.

– Prévenir une assistance psychologique pour le suivi. Le psychologue accompagne la victime afin de l’aider à poursuivre le cours normal de sa vie sans oublier l’incident.

– La rédaction du certificat médical, qui est une étape essentielle dans les cas où la victime veut porter plainte contre son agresseur

– Contrôle sur la sérologie rétrovirale, acclamydia, syphilis, accompagnée d’un suivi psychologique.

– Prévenir si possible l’agresseur afin de définir son statut sérologique.

– Les agents paramédicaux ne doivent pas examiner les cas de violence sexuelle. Ils se doivent de les orienter vers les unités de prise en charge des victimes de violence dans les hôpitaux.

Lutte contre la discrimination et la stigmatisation des femmes séropositives et professionnelles de sexe dans les services de santé

La stigmatisation c’est le fait de critiquer avec dureté et publiquement une personne. Les attitudes, les comportements et les actes défavorables à l’égard des PVVIH et PS, du fait de la connotation négative de la pathologie dont elles souffrent ou du métier exercé, sont qualifiés de stigmatisation. La stigmatisation des PVVIH et PS est bien présente dans les relations interpersonnelles que dans les services de santé. Rapporté par les femmes elles-mêmes, ce phénomène a pour conséquence la baisse de fréquentation des services de santé par les personnes concernées.

Comment les agents de santé reçoivent-ils cette catégorie ? Les districts sanitaires disposent des centres de prise en charge médicale des PVVIH, et les associations le plus souvent de soutien aux PVVIH au niveau local contribuent à la prise en charge des PVVIH. Très peu prennent en charge les personnes par peur du risque de contamination professionnelle. La stigmatisation est constatée dans le cadre des soins, et le plus souvent rapportée par les personnes concernées

Pourquoi c’est important de les écouter ? Les activités d’appui psychosocial aident les PVVIH et les PS qui ne demandent qu’à être écoutées et prises en charge. L’objectif de la prise en charge psychosociale vise à l’amélioration de la qualité de vie des PVVIH en particulier. Il s’agit d’une aide morale à la santé mentale et de répondre aussi par des solutions concrètes aux problèmes qu’elles rencontrent. La prise en charge psychosocial est un élément central de la prise en charge globale au VIH.