Kingoue, Ce que l’on retient d’une action opportune

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AZUR Développement a mené du 1er août au 31 décembre 2017 dans le district de Kingoué, en partenariat avec ‘’Urgent Action Fund – Africa’’, le « Projet de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et aux filles », auprès des déplacés du Pool dans la Bouenza. Objectif : prévenir les violences à l’égard des femmes et des enfants, couplé avec les sensibilisations sur le VIH/SIDA. Le projet a touché plus de 168% de la cible totale.

Durant cette période, les équipes d’Azur Développement ont réalisé des sessions de sensibilisation sur les violences et sur les connaissances de base sur le VIH/SIDA  dans les quartiers  et dans les villages, ainsi que dans les centres de santé dans les localités suivantes du district de Kingoué : Moukomo, Kimpolo, kingoué centre, Zabata, Taba, Kinkoula et Matiti. Ces sensibilisations ont permis d’une part de toucher 1360 femmes y inclues les femmes enceintes et filles, ainsi que 321 hommes et garçons déplacés, et d’autre part, à les informer sur les différentes formes de violence commises à l’endroit des femmes et des filles, à savoir : les violences psychologiques, physiques et sexuelles, et économiques, leurs manifestations et leurs conséquences. Outre cela, il convient d’ajouter également qu’il y a eu des thématiques qui ont été abordées notamment sur la prévention du VIH/SIDA, le risque de contracter le VIH après une agression sexuelle et la prise en charge.

L’association à travers cette action qui revêt d’un double intérêt dans une zone à forte croyance en la tradition, et où les femmes n’ont pas été sensibilisées sur les violences, encore moins au VIH/SIDA, c’est grâce à ce projet que les populations de cette contrée ne soient édifiées pour la première fois sur les différentes formes de violences, la maltraitance des enfants, et comprendre que certaines  pratiques coutumières dont sont victimes les femmes sont  des violences, à l’image des rites et le veuvage.

 

Photo. Ecoute. Sensibilisation sur le VIH/SIDA

 

Une prise en charge assurée

La participation assez considérable des femmes aux sessions de sensibilisation montre l’intérêt qu’elles y ont porté sur les questions de violence. Sur ce, certaines ont reconnues avoir vécu des violences alors qu’elles ne le savaient pas. Courant ces activités, les équipes sur le terrain révèlent avoir identifié deux cas de violences sexuelles et un cas de violence conjugale. Leur prise en charge a été assurée dans le cadre du projet.

La violence est perceptible dans cette localité. Certaines victimes qui ont délié leur langue, ont requis l’anonymat. C’est le cas par exemple d’une femme âgée de 36 ans, déplacée du Pool à Kingoué centre, a été victime de viol pendant qu’elle était repartie chercher le reste de ses biens au Pool par des inconnus. Le deuxième cas de viol est celui d’une fille  de 9 ans, élève en classe de CE1, résidente de Kingoué. Le coupable, recherché par la police, est en fuite dans la forêt. Sa prise en charge a aussi été assurée par le projet. Clarisse, mère de cinq enfants, la trentaine révolue, a été victime de violence conjugale. Elle a été mise à la porte par son conjoint, lui privant de tous leurs biens communs. Elle en a pris connaissance au cours des sensibilisations et l’association lui est venue en aide dans le cadre d’une prise en charge juridique. A ce jour, une action en justice est en cours devant le tribunal de Mouyondzi.

 

Photo de Famille. Session de sensibilisation sur les violences et le VIH/SIDA à Kingoue.

 

Les retombées du projet

D’une durée de cinq mois, ce projet a été réalisé en collaboration avec le centre de santé de Kingoué qui a permis de réaliser l’atelier de formation et la mobilisation du personnel de santé et autres villages dudit district. Il faut dire que cette action a permis de renforcer des capacités des professionnels de santé, dont trois animatrices et neuf agents de santé dans la prévention et la prise en charge des victimes de violences et des personnes vivant avec le virus du SIDA dans la prise en charge psychologique, médicale et juridique. Ces derniers sont désormais en mesure d’écouter et orienter les victimes vers les centres de prise en charge médicale. Le  district sanitaire de Mouyondzi  et la circonscription d’action sociale (CAS) de Kingoué ont également  contribué à la réalisation de ces actions.

Certains leaders du district notamment les groupes de femmes, les chefs de village, les responsables des sites de déplacés, ont pris part aux sessions en qualité de participants.

Soulignant que le « Projet de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et aux filles », auprès des déplacés du Pool dans la Bouenza , a favorisé la mise en place par l’association Azur Développement dans le cadre de la prise en charge des survivantes de violences, d’un guichet unique d’assistance aux femmes et aux enfants survivants de violences.